Petites et moyennes associations sportives en danger ?

Je crois beaucoup dans le potentiel d’innovation sociale du sport, pour avoir constaté ses impacts à de très nombreuses reprises. Je suis également convaincue que le tissu associatif a un rôle de premier ordre à jouer pour favoriser la cohésion sociale et pallier les carences de l’intervention publique en la matière. 

C’est la raison pour laquelle je m’investis bénévolement dans une association qui rassemble des acteurs du monde sportif et ai choisi d’accompagner ces structures, pour les aider à renforcer leur impact. Mes clients répondent à des besoins de proximité sur leur territoire, innovent, bougent les lignes et ont un impact quantifiable.

Ce sont très souvent des petites / moyennes structures, dont le principal challenge est de sécuriser le recrutement de leurs premiers salariés et le financement de ce recrutement. 

La pérennité des petites associations est menacée par deux facteurs en particulier : 

L’évolution du bénévolat : 

Les bénévoles cherchent aujourd’hui (moi la première) à contribuer à l’intérêt général via un engagement ponctuel, « en mode « projet » ; ils ne souhaitent majoritairement plus avoir des responsabilités de long terme, encore moins dans la gouvernance (bureau) de l’association. 

Cela complexifie le fonctionnement de l’association : a minima, sans au moins un salarié pour coordonner l’action des bénévoles, les projets ne se concrétisent pas, et le projet associatif s’éteint peu à peu. Mais qui dit recrutement dit dépendance renforcée aux ressources financières, qui ne peuvent en général pas se résumer aux recettes de l’association sans compromettre son caractère d’intérêt général. 

Par exemple, comment une association de sport santé pourrait-elle prétendre servir l’intérêt général en commercialisant à des tarifs « rentables » ses séances mais en excluant ainsi de la pratique les personnes aux revenus les plus modestes … ?

La baisse des subventions publiques au profit de commandes publiques :

Parallèlement, les subventions publiques ont considérablement diminué, et on demande désormais aux associations de se positionner sur des appels d’offres, appels à projets …

Démarche qui nécessite des compétences techniques, et du temps … difficile à faire assumer par des bénévoles à moins, et c’est la démarche que j’ai accompagnée avec succès, de constituer un petit groupe de travail afin qu’ils puissent s’y consacrer à plusieurs et se répartir les tâches.

Une autre piste est de diversifier la nature des ressources financières, en travaillant la recherche de mécènes. C’est là une autre démarche que j’accompagne, car elle demande une approche argumentative, des démarches terrain, de maîtriser le cadre juridique … et de la patience car il s’agit de créer des relations de confiance avec ses futurs alliés. 

Sur ce plan également, les petites structures se retrouvent confrontées à la « concurrence » d’organismes sans but lucratif bien mieux « staffés » et disposant d’un réseau plus naturel avec les acteurs économiques locaux. 

Pour exemple : les associations sportives locales, qui recherchent des mécènes sur le même terrain que les fondations et fonds de dotations de clubs sportifs professionnels. Sans compter la tendance des grandes fondations à conditionner, elles aussi, leur soutien financier à la réponse à des appels à projets. 

Créer un fonds spécifique pour contribuer au fonctionnement de ces petites structures tout en rationnalisant l’attribution des subventions et en contrôlant leur utilisation conforme me semble une piste souhaitable si l’on ne veut pas épuiser les bénévoles et salariés de ces petites structures, et leur permettre de continuer à jouer leur rôle auprès de ceux qui en ont le plus besoin. 

La difficile réponse « compétence » aux besoins de recrutement des associations

Un nœud non négligeable est, enfin, la possibilité de trouver le « bon » profil salarié pour ces associations : vous l’avez compris, il s’agit de trouver le mouton à 5 pattes, capable de manager des bénévoles, de coordonner des projets sans visibilité financière de long terme, ou encore faire preuve d’une grande rigueur administrative, de qualités analytiques et rédactionnelles et de savoirs techniques afin de répondre à des appels à projet. 

Et quand les associations ont la chance d’identifier cette pépite, encore faut-il être en mesure de le/la rémunérer convenablement. Une piste que j’étudie actuellement en ce sens est de développer le partage de ressources humaines, soit en faisant coopérer plusieurs associations, soit en passant par un groupement d’employeurs tel que Profession Sport.

Si vous rencontrez des problématiques similaires en tant qu’association, et que l’opportunité de coopérer sur ce type de recrutement vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter. 

Je vous partage ici un article que je trouve pertinent en terme d’analyse de leurs problématiques et de solutions potentielles : https://www.carenews.com/chroniques-philanthropiques-par-francis-charhon/news/les-associations-en-danger-un-bien-si-precieux